Toujours plus d’humains (7,7 milliards), qui consomment toujours plus d’eau – la demande augmente en moyenne de 1 % chaque année depuis la décennie 1980 –, mais qui n’ont pas encore réussi à la partager. Tel pourrait être le résumé du rapport 2019 des Nations unies (ONU), présenté à l’occasion de la Journée mondiale sur l’eau, le 22 mars, et publié par l’Unesco mardi 19 mars.

Ce travail nourri de statistiques puisées auprès d’une dizaine d’agences onusiennes et de diverses organisations s’intitule « Ne laisser personne pour compte ».

Il y a urgence à cela, car le stress hydrique s’accentue : la pollution est généralisée en surface et dans les nappes souterraines, dont certaines ne se rechargent plus, aggravant le sort d’une large partie de l’humanité. Mais cette injonction tient du vœu pieux si l’on se fie aux données collectées par les rapporteurs.

Certes, des progrès ont été réalisés : plus d’un milliard supplémentaire de personnes dans le monde ont obtenu l’accès à un point d’eau raccordé à une canalisation entre 2000 et 2015. Mais 844 millions sont encore privés de tout service élémentaire d’eau potable. Ils ne disposent pas de la moindre « source améliorée » – c’est-à-dire, selon la définition officielle, d’un point de prélèvement protégé des animaux, situé à trente minutes au maximum de chez eux, aller-retour et attente compris. Trois humains sur dix n’ont pas la possibilité de boire à leur robinet sans inquiétude pour leur santé. Et, pour eux, plus l’eau est rare, plus son coût est exorbitant. Pas seulement en temps et en effort pour les femmes et les filles à qui incombe, dans les trois quarts des cas, la corvée de la quérir à une source, à une borne, à un forage, à une citerne remplie grâce aux pluies ou chez un marchand.

Silhouette De Montagne
Photo tiré de Pexel